Aménagement du territoire

Dossier

L’Aéroport du Grand Ouest, un booster économique attendu par les entreprises

Publié le 23/05/2016 - Par Rédaction Plein Ouest

Pour les dirigeants d’entreprise de Loire-Atlantique, avoir un aéroport moderne et compétitif constitue un enjeu primordial dans la compétition entre métropoles. Ils redoutent que l’avenir économique du territoire soit compromis sans la dynamique d’un nouvel équipement.

L’Aéroport du Grand Ouest, un booster économique attendu par les entreprises

Que pensent les chefs d’entreprise du transfert de l’aéroport ? À l’image du reste de la population, beaucoup d’entre eux avouent avoir du mal à y voir clair, faute d’arguments audibles dans le cafouillage médiatique ambiant. Mais dès qu’ils sont informés des enjeux économiques, leur réponse est alors sans ambiguïté. À l’instar de Cédric Praud, président de l’UMIH de Loire-Atlantique (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) : « Il est essentiel de disposer d’un équipement compétitif en mesure de recevoir davantage de trafic, d’accueillir plus de compagnies low-cost, d’éviter aux habitants et aux visiteurs de devoir transiter par Paris pour rejoindre d’autres métropoles européennes ».

Pour les professionnels du tourisme, sachant que ce secteur d’activité pèse 7,5 Mds€ de chiffre d’affaires en Pays de la Loire et emploie 20 000 personnes, le véritable enjeu est d’adapter l’infrastructure aux potentiels de développement du grand Ouest, boosté notamment par Le Voyage à Nantes qui attire des touristes étrangers et le Puy du Fou qui accueille deux millions de visiteurs par an.

L’alternative consiste soit à garder un équipement quasiment centenaire qui peut être aménagé mais pas agrandi, soit à investir dans une infrastructure d’avenir. D’un point de vue économique, la deuxième option l’emporte facilement sur la première.

L’attractivité du territoire en jeu

« Il s’agit d’assurer l’avenir de nos enfants, mais aussi celui des entreprises et de leurs salariés, c’est une évidence, affirment des représentants de la fédération régionale des travaux publics (FRTP ). De plus en plus de jeunes quittent la région nantaise vers d’autres métropoles françaises ou européennes plus attractives », constatent-ils. Il n’y a peut-être pas de lien direct entre un nouvel aéroport et la capacité d’une région à attirer des jeunes, mais comment imaginer qu’un territoire sans perspective de développement les séduise ?

Et en matière d’attractivité, les vents tournent vite. On sent ainsi déjà un attrait marqué pour Bordeaux et Rennes qui, grâce au TGV, se trouveront dès l’an prochain à respectivement 2 heures et 1h25 de Paris. Sans nul doute, un aéroport fait partie d’un ensemble d’infrastructures en mesure de booster le dynamisme du territoire, à l’instar du grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire, du TGV et même du tramway nantais, facilitateurs de mobilité. « Lorsque la première ligne de tramway a été réalisée à Nantes à la fin des années 80, on traversait des zones de maraîchage, rappelle Yves Gillet, PDG du groupe Keran. Aujourd’hui, elle traverse de nouveaux quartiers urbains. Nous avions anticipé l’élargissement de la métropole.

NDDL répond à la même logique d’anticipation ». Au-delà du territoire nantais, un nouvel équipement positionné entre Nantes et Rennes, qui pourraient dès lors être reliées par une liaison ferroviaire, profiterait à tout le grand Ouest en recréant du lien entre les deux capitales régionales et en renforçant sa visibilité en Europe et à l’international.


Zoom

Témoignage           

 

Patrick Le Gallais

PDG de Delahaye Industries, à Saint-Aignan-de-Grandlieu
(13,2 M€ de chiffre d’affaires en 2015 – 78 salariés)


"La cohabitation de l’aéroport Nantes-Atlantique et d’entreprises industrielles pose problème"

« L’éventuel transfert de Nantes-Atlantique à Notre-Dame-des-Landes nous offrira plus de confort et de complémentarité dans les activités. En effet, la cohabitation de la plateforme aéroportuaire actuelle et d’entreprises industrielles devient de plus en plus problématique. Outre le trafic routier saturé, le stationnement des véhicules des usagers de l’aéroport est une réelle nuisance pour les entreprises proches. Enfin, j’utilise l’avion une à deux fois par semaine pour raisons professionnelles, mais lorsqu’il s’agit de traiter avec des clients danois, écossais ou allemands, je dois organiser des rendez-vous à Paris. Un aéroport offrant des dessertes d’affaires vers différentes destinations européennes serait très utile pour le développement économique de l’Ouest. »

Un levier pour les affaires et le commerce

Même si Nantes reste dynamique et la côte atlantique attractive, « un nouvel équipement plus adapté aux enjeux de la mondialisation offrira un énorme levier pour les affaires et le commerce », assurent les entreprises de la FRTP qui redoutent d’importantes difficultés dans le secteur du bâtiment si l’Aéroport du Grand Ouest (AGO) ne se fait pas. Elles comptent bien évidemment sur les travaux de la plateforme pour gonfler leurs carnets de commandes, mais également sur l’effet d’entraînement inévitable autour du site et sur le territoire.

En effet, d’une part le transfert libèrera 80 hectares de foncier au sud de la Loire sur le site du Domaine d’activités aéroportuaires (D2A) ouvrant la voie à des projets économiques dans le sillage de la Jules Verne Manufacturing Valley, qui associe le pôle EMC2, l’IRT Jules Verne et le groupement Technocampus.

D’autre part, il permettra aux communes limitrophes de s’affranchir des servitudes actuelles pour pouvoir construire des logements. « Nantes-Atlantique crée des contraintes qui s’amplifieront avec la montée en puissance du trafic, parmi lesquelles le plan d’exposition aux bruits (PEB) dont l’emprise sera étendue », avertit Yves Gillet.

Le bourg de Saint-Aignan-de-Grandlieu par exemple, déjà soumis à la loi Littoral qui s’applique au lac de Grand Lieu, se retrouvera dans une zone interdisant toute construction nouvelle (privée ou publique) ou rénovation de bâtiments, sauf ceux en lien avec l’activité aéroportuaire. Le transfert fera disparaître le PEB et permettra de réutiliser du foncier déjà urbanisé plutôt que de toucher à des terres agricoles riches pour porter des projets.

Une vision équilibrée du territoire

Le problème ne se poserait pas de la même manière au nord, car les terrains ont été gelés depuis plusieurs dizainesd’années. C’est d’ailleurs pour réduire le nombre de mouvements par piste et donc l’exposition au bruit des populations locales que la nouvelle plateforme comprend deux pistes (lire l'encadré ci-dessus).

« Si le futur aéroport ne dispose que d’une seule piste, comme le préconise Ségolène Royal, des communes telles Grandchampsdes-Fontaines connaîtront le même sort que Saint-Aignan-de-Grandlieu », prévient Jean-Claude Lemasson, maire de Saint-Aignan-de-Grandlieu. Reste à savoir si, en déplaçant l’aéroport, on favorise le développement économique du nord-Loire au détriment du sud. Certes, la majorité des emplois de l’agglomération se situent au nord de la Loire (83 % – source Insee 2012), mais le sud-Loire bénéficie d’une croissance démographique dynamique (30 % des habitants de l’agglomération en 2009 contre 25 % en 1968). De plus, le Scot Nantes Saint-Nazaire a prévu de limiter le développement des zones d’activités du nord-Loire, sur le secteur d’Erdre et Gesvres et à Malville notamment.

« Au travers du Scot Nantes Saint-Nazaire, la puissance publique a une vision équilibrée du territoire, constate Yves Gillet. L’un des points majeurs est de limiter les déplacements d’une rive à l’autre et donc de développer les activités et l’habitat sur chaque versant. » Une chose est sûre : en se libérant de la pression aéroportuaire, le sud de l’agglomération donnera de l’air aux communes pour développer l’habitat et les zones d’activités.

Patrick Le Gallais, PDG de Delahaye Industries à Saint-Aignan-de-Grandlieu, espère notamment « disposer de zones d’activités plus vastes et de nouveaux services utiles au quotidien des entreprises telles des experts-comptables, des artisans, des restaurants d’entreprise, peut-être même des transports en commun reliés à Nantes. » Des projets tertiaires sont également à l’ordre du jour, puisque la CCI va construire d’ici 2017 le Terra Nova, un immeuble de 8 000 m2 de bureaux.

Témoignage

Pierre Voillet

Dirigeant associé d’Oceanet Technology, à Saint-Herblain
(21 M€ de chiffre d’affaires – 130 salariés)

"Sans nouvel aéroport, notre siège à Nantes n’aura pas de sens à terme"
 

« À Nantes, nous représentons un petit centre de décision avec des filiales à Paris et à l’étranger. Notre vocation est de nous développer en Europe. Après Net4All en Suisse en 2012, nous avons repris en janvier 2016 la société parisienne NBS qui a également une implantation à Londres. De “porte à porte”, grâce aux vols directs et quotidiens Nantes-Genève, nous mettons 3h30 au lieu de 7h à 8h avec une escale à Paris. Cette croissance externe sur Lausanne n’aurait pas pu s’envisager sans ces vols directs. Si le projet de nouvel aéroport ne voit pas le jour, notre agglomération nantaise perd l’occasion de s’inscrire dans une dynamique économique durable. L’implantation de notre siège à Nantes n’aura pas de sens à terme. De plus en plus de nos collaborateurs sont implantés à l’étranger. »

 

 

En savoir plus

 

Témoignage           

 

Yves Gillet
PDG du groupe Keran, à Nantes (40 M€ de chiffre d’affaires en 2015 – 500 salariés)


"Sans possibilité de se développer, Nantes-Atlantique se restreindra de lui-même"


« Notre groupe se développe en France, où il a 15 sites, et à l’international. Nous utilisons tous les modes de transport disponibles en fonction du trajet à effectuer : le vélo pour aller au bureau, l’avion pour les longues distances. Nous accueillons aussi des clients du monde entier. Ce n’est pas le nouvel aéroport qui développera les lignes à l'international, mais il y contribuera. En revanche, si on conserve Nantes-Atlantique, il est certain que l’offre de services ne croitra pas, sachant les travaux d’aménagement qui devront être réalisés. Sans possibilité de se développer, il se restreindra de lui-même. »

 

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