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Crowdfunding : des gouttes d'eau qui font de grandes rivières

Publié le 02/06/2014 - Par Véronique Couzinou

De plus en plus d’entrepreneurs font appel au financement participatif pour se lancer ou développer leur activité. Zoom sur un phénomène qui prend de l’ampleur et qui est aujourd’hui clairement encouragé par l’État.

Crowdfunding : des gouttes d'eau qui font de grandes rivières

« Le crowdfunding ? Je le conseille à tous les porteurs de projets », lance Dominic Quirke, qui a ouvert son restaurant à Nantes, Pickles, début 2014. « J’ai cru que ce serait une perte de temps, mais ça m’a permis d’affiner mon projet pour le présenter ensuite aux banques. Ça collait aussi avec ma vision : je voulais travailler avec des éleveurs et producteurs locaux, j’avais besoin d’eux pour me lancer, et recevoir 6 500 € de 65 donateurs via la plateforme KissKiss BankBank a été un énorme encouragement ». Dominic a même dépassé son objectif de 5 000 €. Même bonne surprise pour la librairie L’Embarcadère, à Saint-Nazaire, qui a pu commencer à acheter son stock grâce aux 5 000 € collectés sur Ulule alors qu’elle n’espérait que 3 000 €.

Des projets comme ceux-là, il en existe des dizaines en Loire-Atlantique, visibles sur des plateformes généralistes ou spécialistes comme My Major Company, pionnier en la matière, qui a aussi lancé avec le réseau d’appui aux entrepreneurs BGE une plateforme spécialement dédiée aux entrepreneurs : Notrepetiteentreprise.com.

Le don est sans doute la forme la plus connue du financement participatif, parmi les trois existantes. Les levées vont de quelques milliers à quelques centaines de milliers d’euros. Avec un principe simple : le porteur de projet détermine la somme dont il a besoin et doit récolter les contributions dans un temps déterminé. Si l’objectif n’est pas atteint, les contributeurs sont remboursés. Sinon, le projet est lancé. À son aboutissement, chaque donateur reçoit une contrepartie en rapport avec le projet, un produit ou une invitation, par exemple. La plateforme prélève quant à elle entre 4 % et 10 % de frais en moyenne. La commission peut aussi varier en fonction de la somme collectée.

Passer par-dessus la crise

Lorsqu’il évoque le crowdfunding, Thomas Derosne, créateur de la plateforme My New Startup à Nantes, fait d’emblée parler les chiffres : « En France, jusqu’en 2011, cela représentait environ 7 M€ levés. En 2013, on était à près de 80 M€ et le secteur table pour 2014 entre 150 et 200 M€ levés, assure-t-il. C’est une vraie mouvance, pas une mode ». En 2013, selon le Baromètre du crowdfunding en France*, 44 % des fonds levés ont servi au financement d’entreprises, et 21 % à des projets associatifs.

Il faut dire que le financement participatif séduit par la diversité des projets et sa « philosophie » qui va au-delà du pur aspect comptable et économique. « Dans le contexte actuel, on a envie que notre argent soit utile et participer au financement d’un projet que l’on a choisi de défendre, cela donne du sens à l’épargne », poursuit Thomas Derosne.

My New Startup est un bon exemple de financement participatif dédié à l’entrepreneuriat, avec une spécificité supplémentaire : la plateforme propose aussi bien des projets en don contre récompense (ou achat par anticipation) qu’une entrée au capital de sociétés non cotées.

Dans le premier cas, on peut donner de 1 à 1 000 €, dans le second, c’est 1 000 € minimum, avec un ticket moyen à 10 000 €. Qui sont les financeurs? « Des particuliers ou des investisseurs, business angels, fonds régionaux ou nationaux », explique Thomas Derosne, qui ne sélectionne pas de profil particulier d’entrepreneur, si ce n’est des personnes « capables de fédérer une communauté pour trouver leur financement ». Car tous les projets validés par la plateforme ont d’abord fait l’objet d’un vote du public (200 voix minimum) pour renforcer leurs chances de voir les souscriptions aboutir.

La qualité plutôt que la quantité

Les dossiers sont reçus en direct, via des incubateurs ou encore des cabinets d’avocats. Ils sont épluchés pour « s’assurer que les personnes ont les compétences liées à leur activité et ne cherchent pas juste un carnet de chèques. On croit beaucoup au réseau et au lien créé entre porteurs de projets et investisseurs, d’où la notion de communauté que nous défendons », martèle le patron de la plateforme créée en 2013.

Une fois approuvé, le projet a trois mois pour atteindre son objectif de levée de fonds. La plateforme s’occupe de la communication et, dans le cas d’une entrée au capital, les projets sont suivis par un collège d’investisseurs. « On a fait le choix de la qualité plutôt que la quantité de dossiers. L’intérêt est de voir les entreprises grandir et devenir pérennes ».

Parmi les projets importants, il y a En Direct des Éleveurs, lancé par trois Gaec laitiers de Montbert qui veulent créer un circuit de vente court en rupture avec les modèles actuels. Leur ambition ? Que les consommateurs puissent acheter un lait local très qualitatif et pas plus cher, avec une traçabilité sans faille, mais aussi que les producteurs puissent gagner au moins 40 cts/l et que le packaging soit écologique : le lait sera proposé en poche, avec un système d’ouverture et fermeture et une poignée rigide. Les éleveurs ont besoin de lever entre 500 000 et 1M€ sur un projet global de 8M€.

Une entrée au capital, des lots de lait en précommande ou des visites de la ferme à venir, ça vous dit ?

 

* Réalisé par Compinnov auprès de 36 plateformes, en avec l’association Financement Participatif France.

En savoir plus

Que dit la loi ?

Depuis le 14 février, le crowdfunding bénéficie d’un nouveau cadre juridique. Il concerne les trois formes de financement participatif : le don (ou achat par anticipation), le prêt et la participation. Pour le don, le gouvernement n’a pas fixé de limite pour les montants de collecte et le nombre de donateurs reste également illimité. En revanche, le plafond des prêts rémunérés a été relevé à 1M€ pour un maximum de 1000 prêteurs, et surtout, ceux-ci sont désormais ouverts aux particuliers pour investir dans un projet d’entreprise ou d’autres particuliers.

Enfin, pour la participation (entrée au capital), il n’y a pas de formalité particulière jusqu’à 1M€. Au-delà, il faut remplir un document simplifié destiné à l’Autorité des marchés financiers (AMF). Par ailleurs, les SAS peuvent désormais présenter un projet d’investissement dans leur capital comme les SA. Le message gouvernemental est clair : que la France devienne un leader en matière de crowdfunding.

 

Prêter, est-ce risqué ?

Avec la nouvelle réglementation, les prêteurs sont dans un cadre plus sécurisé avec une limite à 1000 € par projet. La loi prévoit que les plateformes de crowdfunding jouent la transparence sur les frais, les projets n’aboutissant pas et qu’elles proposent un outil pour aider le prêteur à faire son choix, selon ses moyens. Les plateformes seront à terme labellisées par l'AMF et l’Autorité de contrôle prudentiel sur le respect de la réglementation.

 

Quelles limites ?

Il ne faut pas compter financer un projet dans sa totalité via le crowdfunding, c’est surtout un pied à l’étrier.

 

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