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Agroalimentaire : Quelle recette pour l’avenir ?

Publié le 22/12/2015 - Par Magali Le Clanche

Dans l’Ouest, terre d’excellence de l’agroalimentaire, la Loire-Atlantique possède nombre d’atouts. Mais, pour rester compétitive, il lui faut s’en créer d’autres.
Zoom sur ses stratégies pour demain.

Agroalimentaire : Quelle recette pour l’avenir ?

Parmi les sujets maîtrisés par le territoire, l’agroalimentaire figure en bonne place. Située dans la 2e région française dans ce domaine, la Loire-Atlantique cultive un lot d’atouts. Outre ses expertises spécifiques – le maraîchage en est une, avec un 1er rang national détenu par la mâche ou le muguet –, elle compte des poids lourds du secteur (Tipiak, Terrena…) ainsi que de nombreuses PME. Soit 14 000 personnes travaillant pour le secteur.

À ce tissu, s’ajoutent l’Université de Nantes, de grandes écoles comme Oniris et Audencia, ainsi que des centres de recherche (Inra Angers-Nantes, Tecaliman, etc.). Le tout donnant une vitalité certaine à la filière. Ces acquis, toutefois, ne sont pas immuables. D’autant que les pratiques alimentaires françaises évoluent, demandant au secteur de toujours s’adapter.

Pour Didier Virot, conseiller Innovation, Industrie et Services à la CCI Nantes St-Nazaire, le territoire doit gagner en visibilité. « Les atouts de l’agroalimentaire en Loire-Atlantique peinent à être identifiés à l’extérieur, observe-t-il. Il faut organiser davantage la filière nantaise, lui apporter de la valeur ajoutée pour se différencier à l’international. » Selon lui, l’amélioration des conditions d’accueil, pour ces entreprises de l’agroalimentaire, est un second objectif. Le transfert du MIN à Rezé et la création d’un pôle agroalimentaire devraient y répondre (lire l’encadré Zoom).

L’intelligence collective, une clé d’avenir

Pour avancer, le tissu local mise aussi sur le jeu collectif. Avec une multiplication de passerelles entre le monde de la recherche et l’entreprise pour doper l’innovation. Cap Aliment, parmi d’autres, y participe. Lancée en 2012, la Plateforme régionale d’Innovation guide les acteurs de l’agroalimentaire. « Être un guichet d’orientation des entreprises et des chercheurs vers la bonne structure est la vocation de Cap Aliment », précise Raymond Doizon, son président. Favoriser le transfert de savoirs, aussi. La Plateforme organise par exemple des journées au cours desquelles un industriel ouvre ses portes à des enseignants-chercheurs et leur fait part de ses problématiques. À l’issue de la journée, les participants décident ou non d’une action commune. Pour Raymond Doizon, l’intelligence collective est une clé d’avenir. « Il faut faire évoluer nos approches, en mutualisant les idées, les moyens techniques et financiers. On peut s’associer pour développer, optimiser les coûts et gagner ensemble. » Une voie intéressante pour ce secteur, où les innovations se heurtent parfois aux représentations culturelles du consommateur.

Mamm CookiesD’autres partagent cette dynamique. En témoigne l’alliance en 2015 de quatre entreprises agroalimentaires pour investir ensemble dans un procédé à potentiel : la pasteurisation haute pression (lire l’encadré En savoir plus).

Les grandes écoles aussi pensent innovation collaborative, comme l’illustre ID4Food. Lancé en 2013 à Oniris, en partenariat avec la CCI Nantes St-Nazaire, ce programme fait travailler les étudiants de divers établissements d’enseignement supérieur sur des projets communs. En croisant leurs disciplines (packaging, stratégie commerciale, qualité alimentaire, etc.), ils répondent ensemble aux problématiques d’innovation des entreprises agroalimentaires. Idem pour L’École de design Nantes Atlantique via son Design Lab Nouvelles pratiques alimentaires. « À travers un programme de cycle master, des projets expérimentaux et des partenariats avec des industriels et grandes écoles du territoire, l’équipe développe une démarche d’innovation par le design », explique son directeur Benoît Millet.

Parmi ses axes de recherche figure l’éco-innovation, visant à prendre les enjeux environnementaux comme une source de projets innovants. De cette volonté sont nés une boisson apéritive, valorisant les déchets de la production de café, des fish and chips basés sur l’exploitation des crépidules (espèce invasive de coquillages) ou encore des smoothies offrant un apport en bactéries lactiques.

Qualité et composition naturelle

Ces projets préfigurent sans doute l’assiette de demain. Avec une réponse aux ressources planétaires, qui se raréfient. Elles sont aussi le signe d’un consommateur en pleine mutation. S’ils gardent un oeil sur le prix affiché, les Français scrutent de plus en plus chaque étiquette. Et recherchent les produits alliant qualité, fabrication locale et composition naturelle avec, si possible, une liste claire des ingrédients. Soucieux de leur santé, beaucoup rendossent le tablier, afin de mieux contrôler ce qu’ils mangent.

Zoom

MIN : un transfert pour plus de performance

 

À l’été 2018, le MIN de Nantes, 2e Marché d’intérêt national de France, va déménager sur le Parc d’activités Océane Nord à Rezé. Près de 100 entreprises (grossistes en fruits et légumes, poissons, conditionneurs, etc.), soit 1 000 emplois, sont concernées.

Pour les accompagner dans ce changement, la CCI Nantes St-Nazaire ainsi que les entreprises présentes sur le MIN ont créé en 2010 l'association MIN Avenir, présidée par Antoine d’Olce (société Méchinaud).

En collaboration avec Nantes Métropole et ses partenaires, cette association prend part directement au projet de transfert. A ce futur MIN s’adossera un pôle d’activités agroalimentaires (25 ha) de dimension régionale, permettant l’accueil d’activités de services, de production, fabrication, etc. Plus d’une trentaine d’entreprises agroalimentaires pourraient y être accueillies. Avec la création d’un écosystème propice au développement de mutualisations et de synergies entre les acteurs.

Agroalimentaire en Loire-Atlantique : quelle recette pour l'avenir ?

Surfant sur ces tendances, notamment celle du « Do it yourself » (Faites-le vous-même !), des entreprises se développent comme Mamm Cookies, créée à Nantes en 2013. Ses dirigeants, Emmanuel et Morgane Chevalier, fabriquent de la pâte à cookies fraîche et prête à cuire. « Nous en avions assez de voir nos enfants manger des gâteaux avec des ingrédients aux noms bizarres, racontent-ils. Notre ADN, c’est le goût, la texture et le naturel. Nous achetons la majorité de nos ingrédients chez des fournisseurs locaux, que l’on connaît bien. » Aidée par Atlanpole et Oniris, Mamm Cookies a bénéficié d’une subvention (8 000 €) par BPIFrance pour financer les tests de vieillissement de sa pâte avec le CTCPA*. Et la recette séduit : Mamm Cookies est déjà présente dans une quarantaine de points de vente dans le 44 et une grande épicerie à Paris.

Depuis 2005, Nature & Cie répond aussi aux nouvelles attentes. À Vallet, l’entreprise produit et commercialise des denrées bio et sans gluten. « Nous souhaitions créer des produits les plus naturels possible. Pour cela, nous avons cherché à identifier dans l’Hexagone les compétences pouvant nous aider. Nous nous sommes rapprochés d’Atlanpole, puis d’Oniris qui nous a guidés sur les allergies alimentaires », retracent Melika et Fabrice Fy, co-gérants. Aujourd’hui, Nature & Cie (CA : 3,5 M€) commercialise 100 références dans 1 500 magasins bio en France. Elle a investi 1,5 M€ cet été pour agrandir son site et doubler sa capacité de production.

Vers une logistique du futur

Des entreprises de plus grande taille s’impliquent aussi pour un développement « vert ». Regroupant 71 producteurs de fruits et légumes frais, la coopérative maraîchère nantaise Océane l’illustre. « Aujourd’hui, on sait faire quantité et qualité, affirme Dominique Calais, son directeur général. Quand on accroît la production à l’hectare, des techniques adaptées existent pour augmenter la qualité. » Ces dernières années, dans une démarche RSE, Océane a pris nombre de mesures (mise en place de chaudières-bois, pollinisation des tomates par des bourdons, implantation de panneaux photovoltaïques, etc.) pour préserver l’environnement. Répondant aux attentes des consommateurs, elle est aussi mieux armée à l’export. « Les Anglais, par exemple, sont très exigeants sur les cahiers des charges environnementaux », commente le DG.

Pour être compétitif, la logistique enfin est devenue un levier important. « Outre des coûts de production moindres dans certains pays européens, d’autres régions sont mieux placées au niveau géographique. Pour beaucoup d’entreprises de notre secteur, l’optimisation de la chaîne logistique grâce aux outils numériques constitue désormais un enjeu stratégique ». L’agroalimentaire du futur se dessine peu à peu.

 

* Centre technique de conservation des produits agricoles

En savoir plus

Pasteurisation haute pression : des entreprises s’allient pour innover

Au printemps dernier, quatre entreprises du grand Ouest (Miti, Tallec, Fleury Michon et PP Fruits) ont constitué la société HPP Atlantique. Objectif : investir ensemble dans un système de pasteurisation à haute pression. Installé au MIN de Nantes, l’équipement acquis (1 M€) permet, grâce à une pression de 6 000 bars, de détruire une grande partie des bactéries dans les produits traités.

« Cette innovation permet non seulement de préserver les vitamines, les sels minéraux, etc., d’un produit mais aussi de le conserver plus longtemps, sans additifs », précise Jean-Sébastien Tamisier, DG de HPP Atlantique. Un pâté de campagne prétranché pourra par exemple se conserver 60 jours contre 28 habituellement. « Limitant le gaspillage, ce type de pasteurisation offre la possibilité aux entreprises d’exporter leurs produits plus loin et à des coûts moindres, en optant pour le bateau. »

Une quinzaine d’entreprises à l’échelle nationale développent actuellement des projets en R&D, avec le CTCPA, pour utiliser l’équipement.

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