Commerce, industrie, services

Dossier

Ces salariés qui créent ou reprennent une entreprise après un échec

Publié le 16/09/2016 - Par Dominique Perez

Se lancer dans l’aventure de la création ou reprise d’entreprise après avoir été salarié, souvent depuis de longues années, c’est possible. Certains rebondissent très bien dans cette voie, qui nécessite toutefois une vraie préparation.

Ces salariés qui créent ou reprennent une entreprise après un échec

Licenciement, plan social, démission, désenchantement vis-à-vis de sa hiérarchie… Les salariés ayant vécu  une rupture dans leur vie professionnelle sont-ils les mieux placés pour créer ou reprendre une entreprise ? Ceux qui choisissent cette voie ne le font pas toujours dans un premier élan, sauf à caresser depuis longtemps un rêve, et à faire de leur situation nouvelle une opportunité pour le concrétiser. Echappatoire face au salariat, rêve d’indépendance, concrétisation d’une passion dont on fait un métier ?  La nature de la motivation initiale, n’est pas forcément un indicateur de réussite ou d’échec de la tentative. C’est le cas pour Laurent Cessou, qui a créé l’entreprise Levaj, à Pontchâteau, en 2011 : « j’ai fait ce choix initialement plus par dépit que par envie » reconnaît-il aujourd’hui. Chauffeur de camion dans un grand groupe de transport, il a négocié son départ à la suite d’une « crise de valeurs » profonde vis-à-vis de sa hiérarchie. « Je me suis rapproché de la Maison de la création et reprise d’entreprise avant la fin de mon contrat avec un projet, que la conseillère m’a aidé à concrétiser. Elle m’a mis en confiance sur mes capacités à devenir indépendant. » En bénéficiant d’un prêt à taux zéro de 8000 euros, et de l’Accre (Aide au chômeur créant ou reprenant une entreprise), il  investit dans l’équipement d’un camion équipé d’un bras de levage et propose ses services aux entreprises ayant à soulever des charges lourdes.

De plus en plus de candidats

Pour un salarié très expérimenté, devenir entrepreneur ne tient pas toujours de l’évidence, tant pour une question de statut que de choix d’activité. « Il faut savoir faire le deuil de sa vie professionnelle précédente, explique Jean-François Manceau, responsable du département Création-transmission- financement d’entreprise à la CCI Nantes St-Nazaire, et ne pas imaginer que l’on aura les mêmes avantages, un cadre sécurisant et un job similaire. Ce n’est pas possible : il faut accepter de monter en compétences en tant que chef d’entreprise. On  a été pendant des années expert dans une fonction, on sait jouer d’un instrument, on va devenir chef d’orchestre. »
La difficulté à se repositionner sur le marché du travail pour des salariés « seniors »  explique bien souvent leur choix de création ou de reprise d’entreprise pour rebondir dans leur parcours professionnel. Accompagnement et formation devront souvent jalonner le parcours, pour apprendre à endosser leur nouveau rôle.  A l’Avarap 44 notamment, association accueillant des cadres au chômage ou en réflexion sur leur situation professionnelle, on constate que ce profil est en augmentation. «  Il y a 15 ans, on parlait à peine de ce sujet parmi les cadres, ils représentaient environ 5 % de l’ensemble, explique Henri de Darassus, président de l’association.  Aujourd’hui, on arrive à environ 20/25 %. Ce n’est toujours pas la priorité des cadres qui viennent dans l’association, mais cela impacte l’accompagnement que l’on propose. On doit mettre en relation les futurs entrepreneurs avec des associations spécialisées, pour l’élaboration d’un business plan par exemple. »  Le choix de cette voie s’affine au fur et à mesure d’un cheminement collectif au sein de l’Avarap.

Réunis par groupes d’une quinzaine de personnes, les cadres en questionnement bénéficient de la présence d’un parrain bénévole, mais vont devoir au cours des 4 à 9 mois surtout échanger avec les autres membres du groupe par parvenir à faire le point et éventuellement élaborer un nouveau projet. Un effet miroir qui peut aboutir au sentiment que finalement, on souhaite toujours exercer le même métier mais dans un autre environnement ou changer de voie et /ou de statut.  A la fin du parcours, plusieurs hypothèses sont testées avec le groupe. Et l’option création d’entreprise peut prendre plusieurs formes. « Ceux qui souhaitent créer leur entreprise ont souvent deux approches possibles, analyse (…). Soit de rester dans leur domaine d’expertise mais de devenir indépendant, de ne plus avoir de hiérarchie, soit d’en profiter pour aller vers une activité qui correspond plus à un intérêt personnel. Par exemple, un ingénieur qui envisage de devenir apiculteur… »

Après avoir vécu une rupture, parfois douloureuse, avec son entreprise précédente, le risque est cependant grand de vouloir faire table rase du passé, et de jeter avec l’eau du bain ses points forts initiaux pour s’orienter vers tout autre chose. «  Devenir coach par exemple est à la mode, prévient Henri de Darassus. Or tout le monde ne peut pas être coach. Et, il faut faire attention à ne pas se diriger vers ce métier d’abord pour s’auto-guérir… ».

Reprendre confiance en soi

Laurence GUETPour Laurence Guet,  licenciée à la suite d’un plan social en 2013, après 20 années de visite médicale pour un laboratoire pharmaceutique, « un travail que j’adorais », le virage s’est, en apparence, effectué à 180°.  A 44 ans, elle est gérante de la société  Willy’s Caffé, à Plessé, qui  propose, à la vente et à la location longue et courte durée, des machines à café . Une idée qui lui est venue de son mari, lui-même spécialisé dans la location de matériel et l’évènementiel. »  Ayant projeté de rester dans le domaine du médical, elle entame une première formation pour travailler en milieu hospitalier. « L’organisme de formation n’était pas sérieux, il a déposé le bilan et j’ai perdu 23 000 euros, déplore-t-elle. Heureusement, mon ancien employeur a accepté d’investir dans un nouveau projet de création d’entreprise.»

Consciente de la nécessité de s’entourer et de se former, elle suit tout d’abord la formation « 5 jours pour entreprendre » à la CCI puis se fait accompagner. « J’avais beaucoup de choses à apprendre, mais il y avait des éléments communs avec mon ancien métier, où j’avais une autonomie dans la gestion de mes rendez-vous, de mon activité. J’étais morte de trouille au début, mais être son chef, c’est grisant quand même… »

La création d’entreprise permet ainsi, souvent, de reprendre confiance en soi en se découvrant des talents nouveaux et peut offrir un sentiment de reconnaissance perdu. C'est le cas de Jacques Girard, qui a créé sa boutique «  Au Vapoteur » à Rezé, après un parcours complexe. « J’ai été commercial dans plusieurs entreprises, mais j’ai fini par ressentir une forte frustration, explique-t-il. J’avais cessé mes études à 18 ans, mais avais l’espoir de prendre plus de responsabilité en devant responsable de secteur régional dans l’entreprise dans laquelle je travaillais. » Perspectives qui s’effondrent définitivement dans elle est vendue à un grand groupe, et qu’il comprend que toute évolution est bloquée. « J’ai alors négocié mon départ et ai suivi une formation de consultant formateur pendant deux ans. J’ai eu mon diplôme en 2005. » S'ensuit une traversée du désert, un divorce, des contrats très rares, et des moyens de subsistance qui se réduisent comme peau de chagrin. « Vapoteur » lui-même, il ouvre sa boutique en novembre 2012, avec un accompagnement de la CCI et en enchaînant les formations. « Mes années noires m’ont beaucoup servi pour la gestion du quotidien, j’ai eu l’habitude de vivre avec très peu d’argent, la formation m’ a ensuite permet d’élargir ma vision et d’acquérir d’autres compétences…aujourd’hui l’ entreprise se porte bien, en avril 2013 j’ai même embauchée une salariée… ».

Des besoins ?

L'espace Produits & Services de la CCI Nantes St-Nazaire vous propose des produits ou services en lien sur #Plein Ouest #Développement entreprises #Jeune entreprise #Création d'entreprise #Economie

S'initier à la conduite de projet
Voir le produit
Formation Management

Des méthodes et des outils pour mener à bien un projet

Prêt d'honneur création reprise
Voir le produit
Prêt d'honneur création reprise

Le prêt d'honneur création reprise est un soutien financier par l'octroi d'un prêt d'honneur à taux 0 de 3 000 € à 15 000 €

La finance pour non financier
Voir le produit
Formation finance

Finance pour non financier

> Accéder à toute l'offre CCI

Ces articles peuvent également vous intéresser :

Ces serials entrepreneurs qui rebondissent plus haut

Commerce, industrie, services

16/09/2016

Loupe

Lire l'article

Ces serials entrepreneurs qui rebondissent plus haut

Anticiper les difficultés : un réflexe salvateur

Commerce, industrie, services

16/09/2016

Loupe

Lire l'article

Anticiper les difficultés : un réflexe salvateur

Se faire accompagner après un échec

Commerce, industrie, services

16/09/2016

Loupe

Lire l'article

Se faire accompagner après un échec

Partage Twitter Partage Facebook Partage Google Plus Partage LinkedIn

Plein Ouest, l'eMag

Décrypter l'économie de nos territoires

A la une de Plein Ouest

Brèves

  • 26

    SEP

  • 26

    SEP

  • 26

    SEP

  • 09

    SEP

  • 18

    JUL

  • 16

    JUN

  • 16

    JUN

  • 10

    JUN

  • 09

    JUN

  • 06

    JUN

  • 29

    JAN

  • 19

    JAN

  • 07

    DEC

  • 26

    OCT

  • 05

    OCT

  • 02

    OCT

  • 02

    OCT

  • 17

    SEP

  • 15

    JUL

  • 06

    JUL

  • 17

    JUN

  • 01

    JUN

  • 27

    MAI

  • 04

    MAI

  • 30

    AVR

  • 10

    AVR

  • 19

    MAR

  • 19

    MAR

  • 03

    MAR

  • Le dernier dossier Plein OuestVoir tous les dossiers

    Rebondir après un échec

    Rebondir après un échec

    Recommander à un ami loader

    CCI Nantes St-Nazaire

    Voir toutes nos implantations
    CCI Pays de la Loire
    Le site web de la CCI Pays de la Loire  
    CCI.FR
    Le portail des Chambres de Commerce et d'Industrie