Commerce, industrie, services

Dossier

Transition numérique : en être ou (ne) pas (être)

Publié le 28/12/2015 - Par Fabienne Colin

La vague du numérique impacte tous les secteurs, toutes les entreprises. Avec, à la clé, un enjeu aussi simple que colossal : exister demain.

Transition numérique : en être ou (ne) pas (être)

« Si vous saviez les difficultés rencontrées face aux agences immobilières par exemple… On leur explique qu’il suffit d’équiper leurs commerciaux d’un smartphone et qu’après une formation d’une heure, ces derniers pourront photographier les biens et publier eux-mêmes les clichés sur le site de l’agence. Mais ils se compliquent la vie avec des appareils photo… », regrette Séverine Pirault, cofondatrice de la start-up nantaise Keople, spécialisée dans l’art de « déverrouiller » la culture numérique dans les organisations. Car si, dans la vie quotidienne, le numérique s’est invité partout, l’entreprise n’a pas suivi le mouvement au même rythme.

Des risques de disparaître

Les experts sont pourtant unanimes : pour chaque entreprise, chaque commerce, quelles que soient sa taille et son activité, la révolution numérique est en marche. Avec des conséquences économiques quantifiées. Selon une étude du cabinet Mc Kinsey* parue fin 2014, l’impact du numérique sur le résultat opérationnel d’une entreprise s’échelonne entre - 20 % et + 40 %, suivant si celle-ci a entrepris des actions ou non. Concernant les commerces par exemple, cette analyse estime à 12 % l’augmentation potentielle du résultat opérationnel « grâce au développement d’une expérience client multicanal ». Autrement dit, si une boutique se dote d’un site vitrine et marchand, d’appli… « Les entreprises qui ne se remettront pas en question ne survivront pas, tranche Séverine Pirault. Il existe forcément des secteurs plus touchés que d’autres, mais ce n’est qu’une question de temps. » 

« La transition numérique est un levier de croissance à court et long termes, une source d’économie, de débouchés commerciaux, de nouveaux usages… », égrène Christophe Chapet. Pour le président de l’Association de décideurs du numérique ADN’Ouest, il est urgent de ne pas louper le coche. Et de citer la référence ultime : le géant Kodak, qui a disparu faute de s’être lancé à temps dans le numérique. 

Zoom

Et dans votre CCI ?

La CCI Nantes St Nazaire a dédié un groupe de travail au numérique depuis 18 mois. « Nous avions constaté que les sociétés manquaient de visibilité sur les possibilités du numérique », explique Thomas Georgelin, un des élus de la CCI membre de ce groupe.

Différents outils ont été mis en place pour épauler les chefs d’entreprise. Le plus immédiat et adapté à tous types de sociétés s’appelle le Flash’Diag. Le chef d’entreprise remplit un questionnaire en ligne en moins de dix minutes et la Chambre lui restitue des pistes d’actions. L’outil La Route du Web s’adresse lui aux TPE. Il démarre par une réunion collective de sensibilisation au numérique. Puis un conseiller de la CCI établit une recommandation après un entretien réalisé avec le chef d’entreprise dans ses locaux.

Pour aller plus loin, les PME de plus de 20 personnes ont à leur disposition un Diagnostic de performance numérique (DPN). Ce service s’organise en trois temps : une identification des besoins et priorités de l’entreprise ; un diagnostic du sys tème d’information et une restitution du DPN complétée par une aide aux choix des actions à prioriser et des prestataires. Très opérationnel, le DPN est mené par un membre de l’Association des décideurs du numériques ADN’Ouest. Contrairement au Flash’Diag et à La Route du Web, le DPN est payant. Il coûte 5 000 €, financé à 50 % par la Région.

Si l’impact économique de la révolution numérique est évident, ce n’est pas le seul. L’organisation de l’entreprise elle-même est touchée en son coeur. Les nouvelles générations sont nées avec les réseaux sociaux, les sites de partage… « Elles veulent des outils qui leur simplifient la vie, pouvoir collaborer, télétravailler… Elles prônent la flexibilité et désormais les nouveaux outils le permettent. Ces derniers sont généralement porteurs de productivité, ce serait dommage de s’en passer », estime Séverine Pirault.

De nouveaux usages

Où trouver les horaires d’une boutique qui n’a pas de site internet ? Comment retrouver les goûts d’un client après le départ d’un commercial qui avait tout en tête ? Pourquoi saisir une commande si le devis a déjà été rédigé et accepté ? Est-ce rationnel de poster son bulletin de paie à chaque collaborateur, de payer l’impression, l’affranchissement… et la main-d’oeuvre inhérente ? Le numérique remet beaucoup de schémas établis en question. Mais il a aussi l’avantage d’apporter des réponses, par le biais d’outils souvent simples à utiliser. « Il existe des solutions peu chères et mêmes gratuites, mais il faut les mettre en place dans le bon ordre », remarque Christophe Chapet d’ADN’Ouest. Sur ce point, les entreprises tâtonnent souvent, amorçant leur virage numérique par touches avant même, souvent, d’établir une stratégie. Au-delà des outils à appréhender, il faut du temps à une entreprise pour changer sa façon de travailler. Rendue possible grâce aux outils numériques, l’automatisation permet aussi de restreindre les tâches manuelles à moindre valeur ajoutée.

Des conséquences sur l'emploi

Autrefois, le comptable rédigeait les factures. Il pouvait se tromper. Aujourd’hui, en dématérialisant les documents, les équipes se concentrent davantage sur le contrôle et la relance des fournisseurs… Les VRP passaient jusque-là des heures sur la route pour rendre visite à des prospects ? Ils peuvent désormais organiser des rencontres et, du coup, cadencer les rendez-vous à un rythme plus soutenu. Autre exemple : plutôt que d’envoyer un coursier pour obtenir un bon à tirer de son client, un imprimeur se sert de services en ligne comme WeTransfer ou Dropbox. Selon la société de consultants Roland Berger, 41 % des métiers sont « potentiellement automatisables » en France. Un phénomène qui ne concerne pas que l’industrie. Dans le commerce, ce taux est estimé à 18 %. Autant de menaces sur l’emploi ? Pas pour Christophe Chapet. « Avec la transition numérique, on évolue vers des métiers à plus forte valeur ajou ée, souligne-t-il. Cela ne détruit pas de l’emploi, mais le déplace. »

 

* Accélérer la mutation numérique des entreprises : un gisement de croissance et de compétitivité pour la France

Témoignage

Frédéric Jaunin, adjoint de direction en charge du marketing-vente chez EDTO

Frédéric Jaunin - EDTO - ©DR

Frédéric Jaunin, adjoint de direction en charge du marketing-vente, EDTO

« Plus de la moitié de nos 50 salariés sont sur la route. Aujourd’hui, seul ce réseau de commerciaux permet d’accéder à nos produits. Et on ne va pas demander à un commercial de prendre rendez-vous à 21 h. Or, nos clients se renseignent en ligne. Leur mettre à disposition un site d’information accessible 24 h / 24 constituera un avantage concurrentiel.

Le numérique permet aussi une meilleure connaissance client. Nous allons donc installer un outil de gestion de la relation client (CRM) embarqué par les commerciaux. Ce CRM leur permettra de partager leurs informations. Et l’entreprise pourra mieux cibler ses messages. Enfin, nous allons faire muter notre système informatique. Notre ERP, qui gère les approvisionnements, les achats, les ventes… va communiquer avec tout : le CRM, le site web, etc. Notre productivité sera démultipliée. Nous pourrons par exemple mettre à jour le catalogue et les tarifs en ligne et les commerciaux auront accès aux données à jour en permanence. » 

En savoir plus

Témoignage                 

Julien Collombet, gérant de La Station, boutique de prêt-à-porter nantaiseJulien Collombet, gérant de La Station, à Nantes

Voilà deux ans que La Station, boutique de marques sélectives en prêt-à-porter installée à Nantes, s’est mise à l’e-commerce. Si son patron Julien Collombet espère bien générer « 10 à 15 % de chiffre d’affaires additionnel » en ligne, il s’est aussi lancé pour mieux cibler ses fournisseurs. « Quand je prospecte une marque coréenne, japonaise ou américaine, elle va d’abord chercher à me connaître sur internet. Sans site, vous n’êtes personne », explique le commerçant.

Il a mis en place un véritable écosystème 2.0 autour de son magasin. La Station est présente sur Facebook, Instagram, Google +, Pinterest, Tumblr et Snapchat. Une activité chronophage ? « Pas tant que ça », rétorque Julien Collombet qui alimente tous ces réseaux pendant les moments creux de l’activité. Résultat, son site intéresse des clients dans toute la France. « Je n’ai aucun client du 44 en ligne : ils préfèrent venir à la boutique. Tout comme ceux de Vendée qui savent que je ne mets pas toutes mes pièces en ligne », confie le gérant. Sa mue  umérique n’est pas achevée pour autant. Il réfléchit à investir dans un logiciel de gestion qui intègre les deux activités, online et offline. 

Des besoins ?

L'espace Produits & Services de la CCI Nantes St-Nazaire vous propose des produits ou services en lien sur #Plein Ouest #Numérique #Développement entreprises #Développement commercial #Stratégie

Flash'diag communication
Voir le produit
Flash'diag communication

Faites le point sur vos usages en matière de communication

Développer son efficacité commerciale au téléphone
Voir le produit
Formation vente

Optimisez votre relation client au téléphone

BTS Négociation Relation Client
Voir le produit
BTS Négocation Relation Client

Vous souhaitez renforcer votre équipe commerciale ?

> Accéder à toute l'offre CCI

Ces articles peuvent également vous intéresser :

Des enjeux de business

Stratégie numérique

14/04/2016

Loupe

Lire l'article

Des enjeux de business

Identifiez votre potentiel export

Commerce, industrie, services

01/09/2014

Loupe

Lire l'article

Identifiez votre potentiel export

Partage Twitter Partage Facebook Partage Google Plus Partage LinkedIn

Plein Ouest, l'eMag

Décrypter l'économie de nos territoires

A la une de Plein Ouest

Brèves

  • 26

    SEP

  • 26

    SEP

  • 26

    SEP

  • 09

    SEP

  • 18

    JUL

  • 16

    JUN

  • 16

    JUN

  • 10

    JUN

  • 09

    JUN

  • 06

    JUN

  • 29

    JAN

  • 19

    JAN

  • 07

    DEC

  • 26

    OCT

  • 05

    OCT

  • 02

    OCT

  • 02

    OCT

  • 17

    SEP

  • 15

    JUL

  • 06

    JUL

  • 17

    JUN

  • 01

    JUN

  • 27

    MAI

  • 04

    MAI

  • 30

    AVR

  • 10

    AVR

  • 19

    MAR

  • 19

    MAR

  • 03

    MAR

  • Le dernier dossier Plein OuestVoir tous les dossiers

    Rebondir après un échec

    Rebondir après un échec

    Recommander à un ami loader

    CCI Nantes St-Nazaire

    Voir toutes nos implantations
    CCI Pays de la Loire
    Le site web de la CCI Pays de la Loire  
    CCI.FR
    Le portail des Chambres de Commerce et d'Industrie