Commerce, industrie, services

Article

Vacance des locaux commerciaux : un sujet mobilisateur

Publié le 31/08/2016 - Par Fabienne Colin

Dans une dynamique démographique, la Loire-Atlantique parvient à contenir le nombre de ses locaux commerciaux vides. Pour autant, sur ce terrain, sensible politiquement, rien n’est jamais gagné. Tour d’horizon des stratégies locales… 

Vacance des locaux commerciaux : un sujet mobilisateur

« En termes de vacances de locaux commerciaux, nous sommes plutôt bien lotis en Loire-Atlantique », souligne d’emblée Mathieu Pouzet, responsable des projets commerce à la CCI Nantes St-Nazaire. La dernière édition de « L’Observatoire de la vacance commerciale » de la Fédération pour l’urbanisme et le développement du commerce spécialisé (Procos), révélée fin juin, tend à lui donner raison, notamment s’agissant de la Cité des ducs. « A l’image des 12 grandes métropoles de France, Nantes a un taux de vacance faible en centre-ville, même s’il a un peu progressé depuis le début de notre étude en 2011. Il est passé de 3,4% à 4,7% en 2015, mais la moyenne nationale des 200 villes étudiées se situe à 9,5%. Au-delà de 10%, on considère le phénomène d’érosion comme installé durablement », détaille ainsi Pascal Madry, directeur de Procos.

En revanche, à l’image de ce qui se dessine ailleurs sur le territoire français, les centres-villes des communes moins grandes souffrent davantage. C’est le cas à Saint-Nazaire, où 17% des locaux commerciaux sont vides. Loin derrière les 2,2% affichés dans l’analyse de Procos en 2001. 

Zoom

L’exemple de Saint-Nazaire

Le taux de vacance des locaux commerciaux a diminué de cinq points dans l’hyper centre de Saint-Nazaire depuis les dernières élections municipales en 2014, selon Vincent Séguéla, adjoint au Commerce. Les élus qui avaient mis la redynamisation du centre-ville au cœur de leur programme électoral ont commencé par redéfinir le périmètre de leur action. Terminé, le bourg immense allant de la gare au littoral. Pour redonner de la vie au cœur de la ville, il a été concentré autour de la rue de la Paix, des centres commerciaux du Paquebot et du Ruban Bleu. Toutes les actions se concentrent désormais sur ce poumon resserré. Parallèlement aux démarches entreprises pour moderniser l’habitat et attirer les classes moyennes, la Ville a prévu des actions concernant directement le commerce : Le Paquebot a voté des travaux de rénovation de plus de 700k€, des aides financières sont disponibles pour renouveler les devantures suivant une charte définie et améliorer l’accessibilité. Une enveloppe de 60k€ a également été attribuée aux commerçants pour animer l’hyper centre. Enfin, la municipalité a accepté l’idée que des boutiques vides, près de la gare par exemple, soient réaffectées à une autre fonction. « Nous avons près de 400 cellules commerciales : c’est beaucoup trop », concède Vincent Séguéla. Résultat de cette stratégie transversale : le taux de vacance dans le centre-ville redéfini était de 10% en mai 2016 contre15% en octobre 2014. Place des Martyrs, il est même redescendu de 8% à… 0%.

Plusieurs facteurs ont contribué à désemplir le cœur de la cité portuaire. D’abord, sa périphérie s’est enrichie de nombreux centres commerciaux. Ensuite, la ville subit un paradoxe local. « Il y a des revenus dans la zone d’emplois mais la richesse du territoire ne profite pas à sa ville centre. Les dépenses se font plutôt à La Baule, Guérande… », observe Pascal Madry. Ainsi, La Baule compte 290 commerces, un nombre relativement important comparé aux 350 de Saint-Nazaire. Mais surtout son taux de vacances, selon Procos, se limite à 2,7%. « Toutefois, le nombre de locaux vacants dans l’hyper centre de Saint-Nazaire, après avoir atteint un pic préoccupant, commence petit à petit à se réduire, » précise Benoît Méchinaud. Le responsable d’études au département Economie et statistiques de la CCI observe ainsi les effets de la mobilisation de la nouvelle équipe municipale sur l’attractivité du centre-ville (lire l’encadré Zoom).

Dans les zones plus rurales, les bourgs ont également subi le phénomène de périurbanisation. A partir d’une certaine taille, les maires ont tendance à vouloir « leur » supermarché. « Il peut arriver que certains territoires soient en compétition pour l’implantation d’une grande surface alimentaire. Notre rôle en tant que CCI est de faire comprendre aux élus qu’il vaut mieux n’en avoir qu’une qui marche bien, que deux qui se fassent concurrence, au risque que l’une soit obligée de fermer », détaille Benoît Méchinaud. Car ces politiques ont aussi vidé les centres-villes au profit des périphéries. « Certaines activités comme la boulangerie ou les caves s’installent aujourd’hui dans des zones commerciales. C’est le cas, par exemple, à Ancenis ou Châteaubriant », constate Mathieu Pouzet.

Des solutions multiples

Désireuses de maintenir un centre-ville ou un centre-bourg dynamique, les collectivités se sont emparées du sujet. A Saint-Nazaire, par exemple, où les loyers ne baissaient pas alors que l’activité déclinait, la nouvelle municipalité a décidé de taxer les propriétaires trop gourmands qui préféraient laisser leur local vide pendant deux ans plutôt que de revoir la note. Reste à voir si la peur du PV aura l’effet escompté…

Dans les plus petites communes, les élus veulent parfois conserver à tout prix au moins un commerce. Mais est-ce toujours pertinent ? Les consommateurs ont profondément modifié leurs habitudes d’achat. Ils vont plus volontiers faire le plein là où les commerces sont concentrés et ouverts tard, qu’au coup par coup dans leur bourg. Ils utilisent aussi toutes les possibilités du digital : pour commander en ligne, consulter les horaires des magasins ou connaître leurs services comme la livraison à domicile…

Pour faire vivre un gérant, le commerce doit résulter d’une demande et ne pas être considéré comme un service public. « Les vacances ne signifient pas pour autant la fin de l’activité commerciale. La solution n’est pas forcément dans l’ouverture d’un commerce », note Mathieu Pouzet. Et de citer des exemples d’alternatives : « une épicerie ambulante dans le pays de Châteaubriant, qui offre la possibilité d’une précommande sur internet ; un distributeur automatique de pain à Jans ; un commerce éphémère pour tester des concepts dans de plus grands centres-villes… ». Dans tous les cas, le travail collaboratif entre élus locaux, CCI, détaillant et bailleurs permet souvent d’aboutir à des solutions viables. « A Ligné, les élus ont choisi de placer un supermarché en plein centre-ville, et autour de ce dernier, tous ceux susceptibles de générer des flux : les commerces, les médecins… Il n’y a pas de vacance », explique Mathieu Pouzet, qui insiste sur le fait que « le sujet doit être traité au cas par cas ». De fait, la CCI épaule les communes pour établir un diagnostic objectif. « Nous accompagnons de plus en plus les collectivités, en soulignant les fondamentaux du commerce. Avant toute décision, nous leur recommandons de faire un état des lieux du potentiel commercial. Dans le Pays d’Ancenis, par exemple, nous avons travaillé à l’échelle intercommunale, pour trouver des solutions communes. Cela passera peut-être par des commerces à partager ». L’objectif ultime étant, bien évidemment, d’éviter la vacance là où les besoins en commerce existent.    

Des besoins ?

L'espace Produits & Services de la CCI Nantes St-Nazaire vous propose des produits ou services en lien sur #Commerce #Loire-Atlantique #Développement commercial #Développement entreprises

Connaître ma destination touristique - HHA
Voir le produit
Connaitre ma destination touristique - HHA

2 fiches pour mieux partager les atouts de la Loire-Atlantique

Flash'diag numérique
Voir le produit
Flash'diag numérique

Diagnostic pour évaluer votre entreprise sur le thème du numérique.

Connaître mes clientèles - HHA
Voir le produit
Connaitre mes clientèles - HHA

3 fiches pour mieux cerner les attentes

> Accéder à toute l'offre CCI

Ces articles peuvent également vous intéresser :

Tout miser sur la qualité

Compétences

27/05/2015

Loupe

Lire l'article

Tout miser sur la qualité

Affirmer sa singularité

Commerce, industrie, services

27/05/2015

Loupe

Lire l'article

Affirmer sa singularité

Partage Twitter Partage Facebook Partage Google Plus Partage LinkedIn

Plein Ouest, l'eMag

Décrypter l'économie de nos territoires

A la une de Plein Ouest

Brèves

  • 26

    SEP

  • 26

    SEP

  • 26

    SEP

  • 09

    SEP

  • 18

    JUL

  • 16

    JUN

  • 16

    JUN

  • 10

    JUN

  • 09

    JUN

  • 06

    JUN

  • 29

    JAN

  • 19

    JAN

  • 07

    DEC

  • 26

    OCT

  • 05

    OCT

  • 02

    OCT

  • 02

    OCT

  • 17

    SEP

  • 15

    JUL

  • 06

    JUL

  • 17

    JUN

  • 01

    JUN

  • 27

    MAI

  • 04

    MAI

  • 30

    AVR

  • 10

    AVR

  • 19

    MAR

  • 19

    MAR

  • 03

    MAR

  • Le dernier dossier Plein OuestVoir tous les dossiers

    Rebondir après un échec

    Rebondir après un échec

    Recommander à un ami loader

    CCI Nantes St-Nazaire

    Voir toutes nos implantations
    CCI Pays de la Loire
    Le site web de la CCI Pays de la Loire  
    CCI.FR
    Le portail des Chambres de Commerce et d'Industrie